Vous vivez en France sans titre de séjour ? La régularisation reste possible en 2026, mais elle est plus difficile. La circulaire Retailleau du 23 janvier 2025 a abrogé la circulaire Valls de 2012 et demande aux préfets d’appliquer strictement le caractère exceptionnel de la régularisation. En pratique, les préfectures continuent toutefois d’apprécier les dossiers à la lumière des critères de l’ancienne circulaire Valls (ancienneté de séjour, travail, situation familiale). Il existe plusieurs voies : par le travail (métiers en tension ou admission exceptionnelle au séjour), au titre de la vie privée et familiale, ou dans des situations particulières. Choisir la bonne voie et présenter un dossier solide est décisif. Contactez le cabinet : 01 42 65 40 66, consultation au cabinet, par téléphone, en visioconférence ou par écrit.
L’essentiel
- Circulaire Retailleau (23 janvier 2025) : elle remplace la circulaire Valls et insiste sur le caractère exceptionnel de la régularisation.
- Critères Valls : abrogés, mais encore appréciés en pratique par les préfectures.
- Travail : voie « métiers en tension » jusqu’au 31 décembre 2026 (3 ans de présence, 12 mois de travail sur 24) ou admission exceptionnelle au séjour pour les autres métiers.
- Durée de présence : la circulaire retient 7 ans comme indice d’intégration (hors métiers en tension).
- Exclusions : menace à l’ordre public, polygamie, OQTF de moins de 3 ans (sauf élément nouveau).
- Refus souvent assorti d’une OQTF : délais de recours très courts.
Quelle voie de régularisation pour votre situation ?
| Votre situation | Voie de régularisation |
|---|---|
| Vous travaillez dans un métier en tension (liste régionale), 3 ans de présence, 12 mois de travail sur 24 | Régularisation métiers en tension — avant le 31 décembre 2026 |
| Vous travaillez dans un autre métier, avec une ancienneté de séjour et de travail | Régularisation par le travail hors métiers en tension (critères Valls) |
| Vous ne savez pas quelle voie choisir pour un dossier « travail » | Régularisation d’un travailleur sans papiers : quelle voie choisir |
| Vous avez des liens personnels et familiaux en France (conjoint, enfants scolarisés, ancienneté…) | Régularisation vie privée et familiale — « circonstances exceptionnelles » ou considérations humanitaires |
| Vous êtes gravement malade et ne pouvez pas être soigné dans votre pays | Titre de séjour pour raison médicale |
| Vous êtes victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme et avez porté plainte, ou victime de violences avec une ordonnance de protection | Titres de séjour spécifiques prévus par la loi |
| Vous avez été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ou un tiers digne de confiance) entre 16 et 18 ans | Admission exceptionnelle au séjour des jeunes majeurs |
| Vous êtes accueilli par un organisme d’accueil communautaire et d’activités solidaires (OACAS) | Admission exceptionnelle au séjour prévue pour ces situations |
Ce que change la circulaire Retailleau
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a adressé aux préfets, le 23 janvier 2025, une nouvelle circulaire relative à l’admission exceptionnelle au séjour, autrement dit à la régularisation des étrangers sans papiers. Elle abroge la circulaire dite « Valls » de 2012, durcit les conditions de régularisation et insiste sur le caractère exceptionnel de la procédure. Priorité est donnée aux salariés dans les métiers en tension, tandis que, pour les autres, la durée de présence en France susceptible de constituer un indice d’intégration pertinent est portée à sept ans. Contrairement à celles de la circulaire Valls, ses orientations sont très générales et s’articulent autour de quatre principes.
1. Une régularisation « strictement » exceptionnelle
Le ministre demande aux préfets d’entendre « strictement » le caractère exceptionnel de l’admission au séjour et de privilégier, sauf circonstances exceptionnelles, la voie du droit commun et les critères prévus par la loi : titres pour les victimes de traite ou de violences, métiers en tension, vie privée et familiale (avec des « circonstances exceptionnelles caractérisées » ou des « considérations strictement humanitaires »), OACAS, jeunes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
2. Le travail recentré sur les métiers en tension
Les régularisations par le travail sont « recentrées » sur la voie des métiers en tension (article L. 435-4 du CESEDA, issue de la loi du 26 janvier 2024) : 3 ans de présence et 12 mois d’activité, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois. Les demandes hors métiers en tension restent possibles au titre de l’admission exceptionnelle au séjour, et sont nombreuses en pratique.
3. Des exigences d’intégration renforcées
- Signature du contrat d’engagement à respecter les principes de la République (en vigueur depuis le 17 juillet 2024).
- Attention particulière à la maîtrise du français : un diplôme français, une certification linguistique ou toute autre preuve est appréciée favorablement.
- Une présence d’au moins 7 ans est présentée comme « l’un des indices d’intégration pertinents », sans exclure les autres éléments d’appréciation.
La circulaire explique en effet que « l’expérience issue de l’application du dispositif d’admission exceptionnelle au séjour fait apparaître que la qualité de l’intégration du demandeur est fortement liée à la durée de sa présence en France ».
4. Exclusion en cas de menace à l’ordre public ou d’OQTF récente
Sont exclus les étrangers dont la présence constitue une menace à l’ordre public ou en situation de polygamie. Les préfets doivent retenir une antériorité de 3 ans de l’OQTF à compter de sa notification (ou, si elle est plus longue, la durée de l’interdiction de retour) : en dessous, la demande n’est en principe pas recevable, sauf élément nouveau survenu après la décision de refus qui a précédé l’OQTF. L’ensemble de la situation, notamment la vie privée et familiale, doit cependant être examiné avant tout refus.
En d’autres termes, la personne sous le coup d’une interdiction de retour ou d’une OQTF notifiée depuis moins de trois ans ne devrait pas pouvoir accéder au dispositif d’admission exceptionnelle au séjour, à moins qu’un élément nouveau justifie un réexamen de sa situation. Le ministre précise que, pendant la durée où la mesure d’éloignement peut être exécutée d’office, « il revient à l’étranger d’attester d’éléments de fait ou de droit nouveaux depuis la notification de l’obligation de quitter le territoire français ». Un élément est nouveau « si son apparition est postérieure à la décision de refus qui précède la notification de l’OQTF ou s’il est avéré que l’étranger n’a pu en avoir connaissance qu’après cette décision ».
Et la circulaire Valls ?
Elle est abrogée depuis le 23 janvier 2025. Mais ses repères (par exemple 5 ans de présence et 8 mois de travail sur 24 pour le travail, ou les critères liés aux enfants scolarisés et à la vie familiale) restent en pratique une grille de lecture pour de nombreuses préfectures. Un dossier qui les remplit est plus solide : voir nos pages régularisation par le travail (critères Valls) et vie privée et familiale.
Comment se déroule la demande ?
- Choisir la voie adaptée et réunir les pièces : preuves de présence année par année, travail, liens familiaux, intégration.
- Déposer la demande auprès de la préfecture de votre domicile (à Paris, la préfecture de police), selon ses modalités, et conserver la preuve du dépôt.
- Instruction : convocation possible ; l’absence de réponse pendant 4 mois vaut refus implicite, qui peut être contesté.
- En cas de refus, souvent accompagné d’une OQTF : recours dans des délais très courts (en général un mois, 7 jours en cas d’assignation à résidence, 48 heures en rétention) — voir notre page recours OQTF.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat spécialisé ?
La préfecture dispose d’un large pouvoir d’appréciation, et un refus de titre de séjour est souvent assorti d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), avec des délais de recours très courts. Il est donc vivement conseillé de vous faire accompagner par un avocat spécialisé en droit des étrangers, qui saura :
- identifier la voie de régularisation la plus adaptée à votre situation ;
- constituer un dossier complet et cohérent, pièces à l’appui ;
- vous accompagner dans vos démarches en préfecture ;
- contester un refus ou un retrait de titre de séjour dans les délais ;
- anticiper et contester une éventuelle OQTF.
Le cabinet de Maître Raymond Cujas et de Maître Marie-Jeanne Cujas accompagne les étrangers depuis plus de 25 ans. Consultation au cabinet, par téléphone, en visioconférence ou par écrit ; honoraire forfaitaire fixé dès le départ : voir nos honoraires ou nous contacter.
Questions fréquentes
Source officielle : Service-public.fr : Qu’est-ce que la régularisation d’un étranger par le travail ?
Page rédigée et mise à jour par Maître Raymond Cujas et Maître Marie-Jeanne Cujas, Avocats au Barreau de Paris, plus de 25 ans d’expérience en droit des étrangers. Mise à jour : octobre 2026.
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Bonjour Maître je suis en France depuis de très nombreuses années entre temps j’ai trouver du travail comme garde d enfants au près des familles. Travail déclarer fiche de paie paiement d’impôt remboursement d’impôt et cela depuis fin 2018. Jamais pu obtenir un Rdv a la préfecture actuellement je suis maintenant sans boulot plus de famille. Je souhaite vraiment votre aide pour introduire une demande de régularisation sur base de ces éléments. Je sais pas si vous trouvez en mes explications une possibilité de solution pour m’aider a trouver une solution. Sa fait tellement longtemps que j’ai perdu toute confiance a la régularisation de ma situation.
Une réponse vous a été adressée par mail
mariée depuis bientot 4 ans mon mari résidait cependant en Afrique et moi en France. Moi Je dispose d’un titre de séjour salarié de 4 ans et mon mari est venu me rejoindre avec un visa touriste via l’espagne. Cela va bientôt faire 2 mois que son visa a expiré. Nous souhaitons etre réunis ici en France et ne plus vivre séparés. Pensez-vous que sa régularisation peut se faire ?
Sur la base des (seuls) éléments indiqués, dans l’immédiat cela semble difficile. Il faudrait analyser la situation plus en détail dans le cadre d’une consultation